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Le magazine de l’entrepreneur
Décembre 2009
From Horizon Croissance
Vivien dadouche rêve de Création ... les pieds sur terre
Propos recueillis par Nelson Castellano-Hernandez
Horizon croissance : Vous êtes le « créative directeur », comme abordez-vous cette tâche ?
Vivien Dadouche : En alliant l’audace, l’ingéniosité et l’exigence pour créer une authentique élégance intemporelle, aux étoffes nobles, à la confection d’une rare délicatesse et au confort réfléchi. Le chic à la parisienne en somme.
VIVIANI est un concept qui décline le sur mesure et le semi mesure, tout en gardant une identité stylistique, renforcée par des collections aux tirages limités.
Je crois que l’uniformité tue le style. Je voulais que les femmes puissent avoir des vêtements et accessoires qui leur ressemblent. Etre proche, des désirs des clients, de leurs attentes est très enrichissant.
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H.C : Où trouvez- vous vos sources d’inspiration ?
V.D. : Un peut partout et n’importe quand. Un mouvement, une courbe, un détail, les époques passées, mes rencontres, en fait tout est susceptible de m’inspirer. Je peux me réveiller en pleine nuit pour gribouiller un croquis…les choses viennent comme ça.
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H.C : Que pensez-vous apporter au monde de la mode ?
V.D. : J’essaie de faire revivre ce qu’autrefois faisait la fierté de notre patrimoine. Je suis attaché aux valeurs de la couture et du semi mesure, qui ne s’accompagne pas d’un conventionnalisme artistique têtu et rétrograde. J’aime faire du moderne en respectant l’origine même de la couture.
Un approche poétique de l’univers de la femme et de l’homme Viviani en suivant un style et contre l’uniformité.
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H.C : Pour quel genre de femme créezvous ?
V.D. : Pour une femme d’esprit, riche d’expériences, d’une élégante féminité, épicurienne, engagée et discrète.
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H.C : Qu’est - ce que le luxe pour vous ?
V.D. : C’est une philosophie, un art de vivre. Le culte du beau et du rare est une forme d’intelligence.
L’esprit VIVIAN I on le perçoit dans les créations de Vivien Dadouche, mais le business dans une maison de mode est aussi un affaire de conception et de gérance, nous avons voulu découvrir pour les lecteurs l’autre coté de l’entreprise. Pour ça nous avons abordé le deuxième visage de la maison Viviani, son associé Jérémy Capaldi.
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H.C : Au moment où certaines marques mettent la clé sous la porte, comment comptez-vous réussir dans votre entreprise et pénétrer le marche du luxe ?
Jérémy Capaldi : Il est juste d’affirmer qu’aujourd’hui beaucoup de marques et grandes enseignes sont confrontées à des difficultés de marché. Nous constatons aussi que nous sommes loin d’être les seuls à nous lancer dans le luxe et que la concurrence est rude et très intéressante. Vous parler d’une réussite à quelle mesure ? Nous parlons d’abord d’exister à travers ce marché. Pour cela, nous voulons développer des stratégies de communication et de marketing bien ciblées.
Nos moyens financiers nous obligent à mettre toute notre énergie sur certains événements qui sont très importants. Tels que Cannes, le festival du films policier de Liège, l’année prochaine le concours de jeunes créateurs de Hyères et d’autres, qui rassemblent des médias et personnalités. Nous n’inventons rien sur notre façon de procéder, nous proposons juste à des personnalités, notre travail pour être visibles dans ces événements.
Les modèles proposés en prêt font partie de nos collections, notre objectif étant de fidéliser notre clientèle. Nous créons de petites collections avec des modèles uniques et des matières nobles. La rareté de ces matières, aussi coûteuses soient-elles, accroît notre crédibilité face à nos clients. Nous voulons créer et fabriquer une marque typiquement française. Après avoir existé, la réussite de notre développement se fera par notre gestion rigoureuse et notre capacité à répondre aux besoins de cette marque et du marché. C’est pourquoi nous gardons toujours une activité annexe pour ne pas influer sur les besoins de Viviani en matière financière et prise de risque.
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H.C : Actuellement quels sont les principaux problèmes que vous rencontrez pour vous lancer dans le business du luxe ?
J. C. : Il existe à ce jour plusieurs problèmes auxquels nous nous sommes confrontés. Parlons tout d’abord d’immobilier, nous ne pouvons présenter nos collections n’importe où. Donc le choix du quartier est important. Mais le prix pour une surface de travail reste inabordable sur Paris. Nous avons besoin aussi d’être présent en showroom et en boutique. Nous avons remédié à ce problème par une vitrine internet. C’est une des meilleures vitrines pour démarrer, mais reste le problème du tactile car nos clientes ne peuvent apprécier la richesse des matières utilisées. Ensuite l’appui bancaire qui reste très compliqué en France. L’ouverture des banques aux jeunes créateurs d’entreprise reste difficile. Nous prenons des risques qu’eux seuls ne peuvent suivre. Beaucoup d’avantages et de simplifications ont été données aux les entreprises à ce jour, comme la SARL à 1 e et la SAS à 1 e, mais les partenaires financiers sont toujours aussi frileux face aux garanties. La concurrence reste aussi un problème majeur. En période de crise beaucoup de talents se révèlent, car tout est possible avec peu de moyens. Cela nous concerne et pour sortir du lot nous avons des obligations de performance beaucoup plus réfléchies. Nous ne devons pas seulement noyer le marché pour nous faire connaître, nous devons créer la différence.
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H.C : Quel est votre plan de promotion ?
J. C. : Notre plan est simple :
1-Développement d’un atelier et un show room.
2-Une campagne phare au sein des festivals et soirées médiatiques.
3-La présence de notre marque dans une ou deux boutiques de luxe parisien et une présence importante dans la presse spécialisée.
4-Prêt au maximum de nos collections, pour faire apprécier l’art du styliste.
5-Développement de notre structure pour créer l’univers VIVIANI. Ce développement se base sur la création de richesses, liée aux commandes réalisées, pour structurer les idées du directeur de la création Vivien Dadouche.
6-Création physique de la maison VIVIANI et son développement sur plusieurs types de marché femmes et hommes. Collection limitée et production de produits dérivés et accessoires vestimentaires.
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H.C : Cherchez-vous des partenaires financiers ?
J. C. : Nous ne sommes pas ennemi de nos intérêts, nous savons que notre indépendance à ce jour fait notre force, mais aussi notre faiblesse.
Nous avons la possibilité d’exercer notre savoir sans avoir de pression et d’obligations administratives et financières. Toutefois ouvrir son capital, donner confiance à un investisseur ne peut que nous permettre de grandir.
Toute entreprise pour croître et réussir doit savoir s’endetter et nous savons que très bientôt nous serons confronté à ce problème. Nous n’avons pas tous les moyens de notre politique, c’est pourquoi une ouverture de capital, voire un partenariat financier sera un facteur important de notre développement Pour cela, mon passé de banquier d’affaires m’a permis d’établir des formes d’investissement qui réduiraient les risques de nos futurs partenaires. L’apport financier dans notre structure pourrait donner droit à un investisseur privé, voir une entreprise, des avantages qui diminueraient les risques.
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