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Décembre 2009
From Horizon Croissance
Vivien dadouche rêve de Création ... les pieds sur terre
Propos recueillis par Nelson Castellano-Hernandez
Il avait réalisée sa première robe pour sa maîtresse d’école, ils nous raconte : « J’avais découpé, très soigneusement, un drap de lit de coton blanc à fleurs oranges et vertes, au grand désespoir de sa propriétaire : ma mère ! ».
Vivien passait tous ses week-ends cloîtré dans sa chambre à s’adonner à toutes sortes d’activités manuelles. Cela fonctionnait par périodes : tricot, broderies, poteries, accessoires en feutre, chapeaux, peintures, sculptures etc.
A ce moment là, il n’avait pas encore conscience que cela pouvait être un métier, « Quelques créations plus tard, je questionnais ma mère pour savoir si un métier réunissait toutes mes hobbies? Sa seule réponse fut « Tu es et tu seras un couturier ».
Depuis il n’a pas cessé de créer, de coudre, de mouler, inventer, réinventer, d’imaginer et concevoir.
Esthète, sensible, rêveur, il garde quand même les pieds sur terre. Il est conscient du fait qu’une maison de mode est aussi une affaire, qui doit fonctionner commercialement. Il a donc cherché un collaborateur et un associé : Jeremy Capaldi. Ensemble, ils ont démarré le projet qui privilégie le concept original : faire de la couture sur mesure. Des robes qui seront adaptées à chacune de ses clientes et qui ressemblent à leurs propriétaires.
C’est comme cela qu’est née la maison VIVIANI. Les deux associés souhaitaient établir une relation personnalisée avec ses clients, créer une affaire à dimension humaine, en accord avec la réalité économique actuelle.
Pour vous faire découvrir ce jeune créateur, on est allé lui rendre visite dans son atelier.
Horizon croissance : Vivien Dadouche, qu’ avez-vous envie de dire au monde de la mode ?
Vivien Dadouche : J’ai tant de choses à prouver avant de pouvoir dire quelque chose.
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H.C : Quel est votre parcours ?
V.D. : Je suis un autodidacte passionné. J’aime apprendre et pour cela j’ai acquis au fil de mes erreurs et réussites techniques, une certaine connaissance de la fabrication d’un modèle, allant du dessin à la pièce finale.
Dans le cadre de mes études, j’ai suivi une formation dans le vêtement sur mesure et accessoires spécialisée dans la couture flou au lycée Octave Feuillet. Cela a été pour moi le moyen de perfectionner et améliorer mes techniques et connaissances.
J’ai clôturé ma formation par un défilé de 20 pièces pour homme, sur le thème du vêtement transformable, en collaboration avec deux élèves en BTS de communication. C’était, d’ailleurs, la première fois que je dessinais pour homme. Depuis, je garde un amour pour ce genre de vêtement.
Je me rappelle que nous devions gérer la fabrication des prototypes et même mettre la main à la pâte, car nous nous avions reçu les pièces que trois minutes avant le défilé, qui se tenait à « La Scène » à Bastille.
Par la suite, la vie faisant, j’ai commencé à travailler dans la vente de luxe, mais je m’ennuyais ferme et je voulais du contact.
L’opportunité de travailler la nuit, dans des grands clubs privés de la capitale, s’est présentée et je l’ai saisie. Cela a été très important pour la suite de ma carrière, car j’avais conscience que l’on peut avoir du talent, mais sans réseaux, on ne fait pas grand-chose. En parallèle j’ai continué à créer pendant la journée.
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H.C : A quel moment avez-vous pris la décision de créer votre maison ?
V.D. : En janvier 2009. Je me suis mis à réfléchir à ma conception de la couture et de la mode, à ce que serait l’après crise, qui, j’en suis sûr, peut être bénéfique.
Une fois le projet écrit, j’ai cherché des collaborateurs qui pourraient le réaliser avec moi.
Le premier, fut Rodrigo Aguadé qui est actuellement directeur artistique et graphiste du magasine « SOON ». Je suis venu le trouver, au début, pour qu’il m’aide à concevoir ma marque et actuellement, nous collaborons à la direction artistique.
Puis, peu de temps après, par hasard, j’ai fait la connaissance de Jérémy Capaldi. Je lui ai exposé le projet et actuellement nous organisons l’avenir et les événements de la maison VIVIANI ensemble, soutenus par notre attachée de presse Christine Guess.
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H.C : Quand a eu lieu votre premier évènement ?
V.D. : Nous avons présenté la marque pour la première fois au festival de Cannes 2009, où nous avons habillé Lio et sa fille Noubia, les 17 et 20 mai, pour la montée des marches. La plus médiatisée, fut une robe de crêpe de soie noire, façon smoking. Et bien sûr nous serons de nouveau au festival pour l’édition de 2010.
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H.C : Avez vous peur de la situation économique et de l’incidence de la crise sur le marche de la mode ?
V.D. : Je pense que les difficultés vont faire évoluer notre façon de consommer.
Le moyen gamme n’aura plus sa place. Les clients seront plus enclins à acheter des produits chers uniques et de qualité très supérieure. En parallèle, pour compléter leur garde-robe, ils achèteront des vêtements de grande consommation, pas chers, que l’on pourra customiser, user et jeter. Customiser, c’est peut-être une des options de l’avenir. En effet, personne n’aime porter la même chose que tout le monde, c’est une manière d’exprimer un certain état d’esprit.
D’autre-part, mon travail nocturne pendant quelques années, m’a permis de tisser de très bonnes relations. J’ai constitué un vrai réseau dans le milieu artistique, du cinéma, de la télévision, du théâtre et de la mode grâce à Gerald Nanty et Jacques Denry du Mathi’s. Ils m’ont donné l’occasion de rencontrer un grand nombre de personnalités ce qui fut très précieux et riche d’inspiration. Je le prends comme une grande chance.
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