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| Le magazine de l’entrepreneur |
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Décembre 2009
From
Horizon Croissance |
| Un petit coin de parapluie pour un
coin de paradis… |
| Je ne sais travailler que dans le plaisir |
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| Par Jean Pierre Yvon, propos recueillis par Nadège VISSOTSKY |
| Chaque année plus d’une douzaine de millions de « parapluies » sont vendus en France. Il
aurait été introduit en France par un Globe trotter du XVIII ème siècle, Sir Jonas Hongway qui
eut beaucoup de mal à l’imposer en Angleterre. Objet précieux, il fut d’abord destiné
aux nobles ou plus particulièrement à leurs femmes. Aujourd’hui, démocratisé, il est
surtout confectionné en Chine mais des marques françaises résistent et offrent des
alternatives. Jean Pierre Yvon, fondateur des « Véritable Cherbourg » nous confie
sa stratégie pour développer sa marque. |
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| Horizon croissance : Nous sommes envahis
de parapluies made in China qui sont
désintégrés au premier coup de vent. Une
douzaine de millions de parapluies sont
vendus en France chaque année et pour
cause. Comment vous est venue l’idée de
créer des parapluies hauts de gamme? |
| Jean Pierre Yvon : Je suis issu d’une
longue lignée de manufacturiers. Mes
ancêtres depuis 1800 de Pére en fils
travaillaient le cuir. Les Tanneries YVON
à Cherbourg ennoblissaient le cuir dans
la rivière de la propriété familiale le
Cauchin. Mais dans les années trente
face à l’importation des cuirs du Canada
ils se sont reconvertis dans la chaussure.
et l’emballage. |
| Ne trouvant pas l’intérêt à prendre la
suite de mon Père dans ce nouveau
secteur, étant passionné d’art et de
photo,ils m’ont offert mes études parisiennes.
Devenu photographe basé
à Paris, j’ai parcouru le monde entier
pour la mode, l’économie, les magazines
et les agences de publicité… En
1981 j’ai décidé de revenir poser mes
valises à Cherbourg et ouvert une petite
boutique de cadeaux exotiques. En 1986,
un matin, sous la douche, Eureka ! |
| Le mythe si critiqué de part son rapport
à la pluie, deviendrait un objet de référence
haut de gamme ? un parapluie
de Cherbourg. En effet, enfant j’avais
assisté, fasciné, au tournage du film
« Les Parapluies de Cherbourg » 1964
qui avait rendu cette ville célèbre. |
| Voulant rendre hommage à Jacques
Demy, j’ai décidé de déposer la marque
« Le Véritable Cherbourg » en 1986. Un
célèbre fabricant français nous a soustraité
la fabrication tout en gardant la
conception. Je voulais un parapluie extrêmement solide capable de résister à
de grosses tempêtes. |
| En 1996, j’ai créé la Manufacture de
Parapluies de Cherbourg en concrétisant
mon rêve. Une référence est née !
Le Véritable Cherbourg est devenu la référence
en matière de parapluie. C’est
la seule marque à proposer une ligne
de parapluies adaptée à l’art de vivre et
à la taille et la couleur de chacun. |
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| H.C : Des fabricants français , ont dû
réagir face à cette invasion asiatique en
délocalisant ou en créant un regroupement
d’intérêt économique aidés par
l’État et leur Région. Comment avez-vous
réagi face à cette concurrence asiatique ? |
| J. P. Y. : En effet, afin de contrer cette
invasion indécente pour la planète, j’ai
créé la Manufacture de Parapluies de
Cherbourg au service du parapluie durable
. |
| À contre-courant ! il fallait maîtriser la
conception, la fabrication, le résultat,
la distribution , ceci en rapport direct
avec l’esprit de « niche » qu’est devenue
la Marque « LE VÉRITABLE
CHERBOURG » |
| Une référence ne peut naître sans une
volonté stratégique et une grande assiduité. |
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| H.C : Votre réputation est reconnue en
France et à l’international .
Comment votre produit est-il distribué ?
combien en produisez vous par an ? |
| J. P. Y. : La quantité de parapluie vendue
n’est pas liée à la réussite de la
marque. |
| Nous ne sortons pas plus de parapluies
qu’Aston Martin ne produit de voitures
par an. |
| La preuve de notre notoriété est due au
savoir-faire qui a inspiré la confiance
de nombreuses têtes couronnées. |
| Nous équipons aussi les jets privés , les
navires de luxe , et bien sûr les belles
entreprises qui les offrent en cadeaux
d’affaires. |
| En dehors d’Ecaille Boutique à Cherbourg,
nous avons quelques revendeurs sélectionnés
qui ont intégré une formation
au produit. On peut aussi les commander
directement sur le site Internet. |
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| H.C : Comment expliquez vous ce phénomène
? Vous collectionnez les médailles,
les prix, les reportages, n’avez vous pas
reçu le premier prix du salon de la Haute
façon , le Made in France ? |
| J. P. Y. : Nous avons une petite production.
Il faut parfois deux ans pour concevoir
un parapluie. |
| On travaille au pied à coulisse ! Nous
construisons un parapluie comme on
construit un bateau. Son mât, sa voile,
son accastillage sont propre au Véritable
Cherbourg et la transmission se
fait naturellement de bouche à oreille.
C’est l’aboutissement de l’ouvrage,
c’est l’âme, c’est le reflet des sens ; et
conçu pour être « balancé » aux intempéries
! Testé en soufflerie par l’Institut
Aérotechnique de St Cyr, il résiste de
face à plus de 120 KM/H. |
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| H.C : Combien avez-vous de collaborateurs
et quels sont leur profil ? |
| J. P. Y. : Une dizaine. Mes employées
je les ai sélectionnés au sortir d’entreprises
certifiées qualité. Ce sont desouvrières qui travaillent à la perfection.
Le Zéro faute, Zéro défaut est notre devise
de production. Je suis tombé sur
des perles qui ont le goût du travail bien
fait. La plupart cousent elles-mêmes
leurs propres vêtements. Je les appelle
désormais les Manufacturières. Nous
faisons aussi beaucoup de formation
notamment auprès des jeunes, depuis
les lycées spécialisés jusqu’aux écoles
de commerce. On les embauche parfois
en CDD en les faisant évoluer.
La formation c’est difficile mais très
important. Il faut servir d’exemple pour
transmettre un savoir – faire et les
idées de motivation. |
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| H.C : Vous exportez ? |
| J. P. Y. : C’est vrai, les Japonais, les
Russes adorent la marque. |
| Ils choisissent les modèles aux tissus
de microfibre : (microcuir ou crocodile)
montés de poignées en jonc de 100 ans
de pousse, de racines de bambou à 7
noeud, de pommeau en ébène tourné
poli main, de buis sculpté main au profil
de son propriétaire ! et sa bague
estampillée en plaqué or ou en argent
massif. |
| « Le Cherbourg » ne se refuse rien. Il
se patine avec le temps, et devient très
vite « Le Compagnon irrésistible et utile
des temps incertains ». |
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| H.C : Lorsqu’une baleine est cassée ou
lorsque l’on désire changer de tissu vous
effectuer les réparations ? |
| J. P. Y. : Absolument, nous assurons la
maintenance si toutefois ils rencontrent
un « pépin » ! |
| C’est en adéquation avec notre étique
toujours fidèle au respect de l’environnement
et des personnes. |
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| H.C : Pour vous c’est quoi le luxe ? |
| J. P. Y. : C’est ce que l’on mérite de
mieux pour soi-même et son entourage.
L’objet de luxe est l’harmonie du
bien-être. |
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