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Le magazine de l’investisseur
Décembre 2009
From Horizon Croissance
Investir dans l’immobilier haut de gamme
Par Manuel CASTRO, Avocat à la cour au cabinet Castro & associé, propos recueillis par Emmanuel GARIN
H.C. : Quelle fiscalité s’applique sur ces biens immobiliers ?
B.D. : La recherche d’un bien d’exception est une démarche particulière et très individualisée.
Il y a autant de pays que de fiscalités. Lorsque nous achetons un bien d’exception, ce bien peut constituer un domicile pour un occupant. Ce domicile va être soumis aux règles locales.
Il y a tout d’abord la fiscalité liée à l’enregistrement de ce bien.
En France, la procédure d’enregistrement est effectuée par un Notaire, chargé d’authentifier l’acte d’acquisition et de récolter au profit de l’Etat et des collectivités les droits d’enregistrements. Ces droits, qui demeurent à la charge du preneur, varient en fonction des besoins de financement de chaque Etat. En France, les droits d’enregistrement varient entre 5 et 7%.
Selon la zone géographique, ces droits sont plus ou moins élevés. Mais pour la plupart des Etats situés dans des zones exotiques, ce droit est fixé à quelques milliers de dollars, montant qui n’est pas représentatif de la valeur de la résidence, en effet, ces Etats souhaitent avant tout que des personnes investissent sur leurs territoires.
Nous avons ensuite la fiscalité liée à la détention du bien immobilier.
A ce niveau, il faut établir une distinction entre le propriétaire et l’occupant.
La question de la résidence fiscale se pose dès lors que le domicile civil se situe hors du pays de résidence.
Ainsi pour un résident français, disposant d’une ou plusieurs résidences à l’étranger, se pose la question de l’impact de cette multiplicité de résidences. Il convient alors d’en traduire les conséquences fiscales.
Certains Etats comme la France considèrent le domicile come un critère de résidence fiscale. Il est donc possible d’aboutir à une double résidence fiscale, ce qui peut induire une double imposition.
Les conventions fiscales internationales tendent alors à éviter et à résoudre ces situations de double imposition. Toutefois, il convient de rappeler que les autorités fiscales françaises n’ont recours à l’analyse de la convention fiscale (si cette dernière existe) qu’après avoir analysé les critères du droit interne tels que déterminés par l’article 4 B du CGI et uniquement sous réserve pour le contribuable de démontrer le conflit de résidence dont il est l’objet.
De plus, certains Etats tels que les Etats-Unis ont une fiscalité complexe car distincte d’un Etat à l’autre, en raison de l’autonomie fiscale des Etats qui constituent la confédération.
Enfin, s’il est communément admis que si l’on réside plus de 183 jours (6 mois dans l’année) dans un pays, c’est la fiscalité de l’Etat ou se trouve le bien immobilier qui s’applique, cette règle reçoit toutefois des exceptions selon les Etats concernés.
Les conflits de résidences et de domiciles doivent donc être analysés par rapport à la situation familiale, économique et patrimoniale de l’investisseur, et c’est d’autant plus vrai pour les résidences d’exception.
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H.C : Quelles sont les règles de transmission ?
B.D. : Là encore il convient de s’intéresser aux règles locales et aux conventions fiscales internationales (d’ailleurs tous les Etats n’ont pas conclu avec la France de convention destinée à limiter les situations de doubles impositions en matière de droits d’enregistrement), car les règles diffèrent selon les Etats.
Cet aspect est essentiel car il permet de connaître les règles de cession ou transmission des biens immobiliers, édictées et négociées dans le cadre d’une éventuelle convention conclue par les deux Etats. Dans tous les cas, il est conseillé, préalablement à l’investissement, de prendre attache avec des conseils des différents pays concernés afin de prendre connaissance des dispositions applicables.
D’une manière générale, les plus-values réalisées lors de la cession d’immeubles sont imposables dans l’Etat où les immeubles sont situés. Et la présence d’une convention internationale permet d’éviter les problématiques liées à une double imposition.
Encore une fois, c’est grâce à l’audit réalisé lors de l’acquisition du bien que l’investisseur aura une vision globale des conséquences d’une transmission par vifs ou par décès.
La France a d’ailleurs sur ce point un avantage compétitif avec une exonération de la plus-value lorsque le bien immobilier est détenu depuis plus de 15 ans. Mais certains Etats n’ont tout simplement pas d’imposition sur les plusvalues.
Il ne faut d’ailleurs pas s’intéresser uniquement aux aspects théoriques d’une convention, mais aussi à sa pratique au quotidien.
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